Une coutume héritée des peuples amérindiens

La coutume de recueillir cette sève et de la faire bouillir pour en obtenir du sirop nous vient des Amérindiens. Bien avant l’arrivée des blancs ils en appréciaient la valeur énergétique et nutritive. Pratiquant une entaille rudimentaire avec leur tomahawk, ils fixaient au bas de cette entaille un copeau de bois qui acheminait l’eau d’érable vers un récipient d’écorce. Les Amérindiens faisaient bouillir la sève ainsi recueillie dans des contenants d’argile pour obtenir du sirop d’érable.

La légende de Nokomis (La terre), nous raconte que Nokomis aurait été la première à percer des trous dans le tronc des érables et à recueillir directement le sirop d’érable. Manabush, constatant que cette sève était un sirop prêt à manger, alla trouver sa grand’mère et lui dit :

« Grand’mère, il n’est pas bon que les arbres produisent du sucre aussi facilement. Si les hommes peuvent ainsi sans effort recueillir du sucre, ils ne tarderont pas à devenir paresseux. Il faut tâcher de les faire travailler. Avant qu’ils puissent déguster ce sirop exquis, il serait bon que les hommes soient obligés de fendre du bois et de passer des nuits à surveiller la cuisson du sirop. »

Il n’en dit pas plus long, mais craignant que Nokomis ne fût indifférente à ses paroles et qu’elle n’omît de prendre des mesures pour empêcher les hommes de devenir paresseux, il grimpa au haut d’un érable avec un vaisseau rempli d’eau et en versa le contenu à l’intérieur de l’arbre dissolvant ainsi le sucre qui se trouvait dans l’érable. »

Depuis ce temps, toujours selon la légende, au lieu d’un sirop épais, la sève contient 1% à 2% de sucre, et, pour obtenir du sucre, il faut dorénavant travailler.

Source : Géographes, No. 6, Avril 1995, page 9

L’arrivée des premiers colons


Dès les premiers jours de la colonie, ce sont les amérindiens qui apprennent à nos ancêtres à entailler le tronc de l’arbre au début du printemps, à recueillir la sève et à la faire bouillir. Cette pratique passe rapidement dans les mœurs des colons pour qui le sirop constitue aux 17e et 18e siècles une importante source de sucre.

Les premiers colons faisaient bouillir la sève d’érable dans des chaudrons de fer. Utilisant des abris rudimentaires pour se protéger, ils allaient « courir » les sucres. C’était pour eux, comme pour nous aujourd’hui, une période de réjouissance qui signifiait la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps.

Source : Fédération des producteurs acéricoles du Québec, www.siropderable.ca