| La production au 19e siècle
Le chalumeau de l’époque était
fabriqué en bois de cèdre. On l’appelait
« goudrelle » ou « goutterelle ».
Taillé en biseau, il était ensuite insérée
dans l’entaille. Bien que l’utilisation
du cheval était plus répandue qu’au
cours des siècles précédents, l’acériculteur
devait toujours chausser ses raquettes pour recueillir
l’eau d’érable dans les chaudières.
Lorsque l’on disposait d’une quantité
suffisante on se dirigeait vers la « cabane à
sucre » où l’on faisait bouillir
l’eau d’érable. On fabriquait ainsi
du sirop d’érable, du réduit, de
la tire ou du sucre d’érable, que l’on
appelait familièrement, à l’époque,
le sucre du pays.
Autre coutume bien de chez nous, la fabrication des
moules à sucre. Ce sont de véritables
oeuvres d’arts populaires dont le Musée
de la Civilisation de Québec possède une
superbe collection de plus de 100 modèles. Fabriqués
à la main et transmis de génération
en génération, ils étaient sculptés
dans un bois dur d'érable, de merisier ou de
noyer, souvent en une section ou plus rarement en plusieurs
sections. Ils représentaient l’univers
familier des familles agricoles de cette époque
et sont une composante du patrimoine historique du Québéc.
Du 20e siècle à aujourd’hui
Les exploitations étant plus grandes et les
techniques de cueillette se raffinant, il faut parfois
ramasser l’eau d'érable deux ou trois fois
par jour. On modifie donc certains équipements
pour les adapter aux nouvelles exigences de ce mode
de production.
On remplace le seau de bois par une chaudière
en aluminium. La cabane à sucre telle qu’on
la connaît se transforme elle aussi. Du lourd
chaudron de fer, on passe à l’évaporateur
qui intègre des thermomètres, un flotteur
pour contrôler le niveau et l’entrée
de l’eau d’érable, une hotte pour
évacuer la vapeur.
Au milieu des années soixante-dix, la technologie
fait son entrée dans le secteur acéricole
avec le développement des réseaux de tubulure
dans les érablières du Québec.
Ces conduits de couleur bleu en matière plastique
remplacent seaux, tonneaux, chevaux et tracteurs. Grâce
à un système de pompe à vide (système
de vacuum), l’eau d'érable va directement
de l’arbre aux réservoirs d'entreposage
du sirop d’érable. Chaque chalumeau est
relié à ce système et le démarrage
est automatique dès que la température
est assez élevée pour une coulée.
L’apparition de la technique dite d’osmose
inversée dans les années 1980 est une
autre révolution technologique. L’utilisation
d’une membrane d’osmose inversée
pour la concentration partielle de l’eau d’érable
respecte l’esprit et la lettre de la réglementation
concernant les produits de l’érable puisque
cette technique ne peut être assimilée
à du raffinage. Cette technologie permet de concentrer
les éléments solubles dans l’eau
d’érable et elle est considérée
comme un substitue valable à l’évaporation.
Cette innovation technologique vise à diminuer
les coûts de production et à diminuer les
heures de travail des familles d’acériculteurs
et elle conserve intact le goût et les caractéristiques
qui font des produits de l’érable un sucre
particulièrement naturel et apprécié
depuis plusieurs centaines d’années.
Source : Fédération des producteurs acéricoles
du Québec,
www.siropderable.ca
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